Willy Gonçalves claque sa langue pour faire accélérer ses chèvres sur la grande colline de terre située en face de l’exploitation. Les chèvres sont à la recherche d’herbe à brouter.
Malgré son nom, Cabo Verde, aussi connu sous le nom de Cap-Vert, n’offre pas de paysages verdoyants à cette période de l’année. Les rigueurs de la saison sèche font prendre des nuances brun clair à l’île de Santiago. Les températures vont continuer à grimper. Il reste encore trois mois à attendre avant juillet et le début de la saison humide, si elle démarre à la période habituelle.

Laissant les chèvres trouver leur petit déjeuner et rentrer toutes seules en empruntant leur chemin quotidien, Willy va nourrir les poules et arroser les jeunes plants qu’il espère vendre aujourd’hui à la pépinière de Ze Nena.
Willy soulève les bâches servant à protéger les plantations pendant la nuit et dévoile des rangs de plants de tomate, d’oignon, de chou et de cassave. Un arrosoir à la main, il se dirige vers la pompe électrique pour recueillir la plus précieuse des ressources de la saison: l’eau.
Quand les réserves d’eau de pluie de la saison passée sont épuisées, il ne reste plus qu’à acheter de l’eau. Cette eau est issue du dessalement, qui est devenu une solution de premier plan pour produire de l’eau douce dans cette île de l’océan Atlantique.
Comme dans de nombreux pays, les températures ne font que monter tandis que les précipitations chutent. Les agriculteurs dépendent donc davantage d’autres sources d’eau, mais acheter de l’eau a un coût et rogne leurs marges.

À partir de ses 9 ans, Willy est venu presque tous les jours aider Nena avec ses plantations. Il a trouvé son bonheur ici. Nena l’a traité comme s’il était l’un de ses fils. C’est tout elle. Quand un agriculteur a besoin d’aide, elle répond présente. Quand la mère de Willy a eu besoin de quelqu’un pour s’occuper de ses enfants quand elle travaillait, Nena était là.
Malgré ses bons résultats à l’école, Willy a arrêté ses études et s’est résolument tourné vers l’agriculture, même quand ses professeurs ont essayé de l’en dissuader.
Willy raconte: «Mes professeurs sont venus me demander ce que je voulais faire dans la vie car j’étais bon élève. J’ai toujours répondu qu’il s’agissait d’un travail respectable et rémunérateur. Tout est question de gestion.»
Willy et Nena ont fait fructifier ensemble l’exploitation, dont la taille a triplé.

Désormais âgée de 71 ans, Nena a laissé les rênes à Willy. Ce dernier gère l’exploitation, prend soin des terres et des finances, mais Nena est toujours bien présente. Elle est partout, s’occupe d’une foule de petites choses, prépare à manger aux ouvriers et supervise toutes les activités avec l’assurance et l’autorité d’une femme qui a dédié sa vie à l’agriculture.
Willy rayonne quand il parle de Nena: «Elle est toujours là pour aider quiconque est en difficulté, que ce soit pour construire une maison ou nourrir des personnes dans le besoin. Elle est tenue en grande estime. C’est un exemple pour moi. C’est une femme travailleuse et respectueuse des autres. Elle m’a tout appris.»

Du fait du changement climatique, l’érosion des sols augmente et la fertilité des sols s’effondre, sans parler de l’explosion de la présence de ravageurs dans le pays. L’augmentation des températures a fait de Cabo Verde un havre pour de nouveaux nuisibles. Depuis son arrivée en 2017, la chenille légionnaire d’automne est une calamité pour le maïs. La production de Willy n’a pas été épargnée. Les mouches des fruits, qui s’attaquent notamment aux mangues, et la mineuse de la tomate, dont le nom fait référence à sa nourriture favorite, sont d’autres fléaux.
Par l’intermédiaire de la FAO, Cabo Verde a demandé de l’aide en vue de lutter contre ces défis croissants. La Chine pouvait tout à fait répondre à ce besoin car elle a connu nombre de ces difficultés sur son vaste territoire.

Dans le cadre des projets de coopération Sud-Sud, les pays invités apportent des techniques et leur expérience en réponse aux besoins et aux demandes des pays hôtes. Les connaissances et compétences sont transmises dans le cadre de ce partenariat. La Chine transmet à Cabo Verde les enseignements qu’elle a tirés sur son propre territoire, dans des campagnes aux caractéristiques très proches de celles de ce petit État insulaire.
Willy, toujours partant pour apprendre, parle de la formation: «Elle a été très utile pour moi. C’est la première fois que je participe à un programme qui correspond vraiment à nos besoins.»
Lisez l’article complet sur le site de la FAO

